United Nations High Commissioner for Refugees
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Le football, un moteur d’intégration

08 February 2017

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Un club de foot multiculturel, proche du centre de Gand, ouvre ses portes à tous. Les réfugiés et demandeurs d’asile y sont les bienvenus. Des enfants et adolescents, d’une cinquantaine de nationalités différentes, ont intégré le club et sont amenés à jouer ensemble. Selon eux, la diversité qui règne dans ce club laisse transparaitre une réalité sociétale, et chaque joueur y  est accueilli à bras ouverts. Ce club offre à chacun l’occasion de se divertir et de faire du sport, quel que soit son origine. Ainsi, le football s’apparente à un langage universel et contribue à une intégration réussie en Belgique.

« Je joue au football car je suis un garçon sportif », nous raconte Osman, originaire de Somalie. L’adolescent de 17 ans habite avec sa famille – ses parents, ses quatre sœurs et ses deux frères – à Gand. « Lorsque j’ai du temps libre, j’ai toujours envie de jouer au football. En Somalie, nous avions congé chaque vendredi et je jouais toujours avec mes amis ». En Belgique depuis un an et huit mois, Osman joue dans ce club depuis le mois d’Octobre.

Soucieux et Anxieux                                               « Je joue au foot car cela me rend heureux et m’apaise » nous explique en anglais, Zakariye, 19 ans. Originaire de Somalie, il est arrivé depuis quatre mois seulement. Il réside actuellement dans le centre d’accueil « Reno » à Gand, qui malheureusement fermera ses portes en mars 2017. Zakaryie sera, par conséquent, contraint de déménager à Saint-Trond, ce qui l’angoisse fortement.

Son remède? Le football, un moyen de se détendre et d’oublier ses soucis. Néanmoins, le pas à franchir pour s’inscrire dans un club de football n’est pas toujours évident pour ces adolescents. Ils doivent non seulement faire face à une culture et une langue totalement différentes, mais aussi à tout un groupe d’inconnus.

Osman et ses amis de l'équipe U17

« I See How They Do »                                                                                                               Osman nous raconte son arrivée en Belgique. C’est, entre autres, grâce à des amis de sa classe-passerelle (OKAN)* qu’il a entendu parler du club de football. De par leur récit de leur découverte d’un endroit où ils se sentaient les bienvenus et avaient l’occasion de faire ce qu’ils aiment tant, jouer au football, Osman a eu l’envie d’intégrer le club. Néanmoins, étant plus âgé que ses camarades de classe, il n’a pas été pour lui possible d’intégrer la même équipe. Ne connaissant personne et ne comprenant pas toujours les instructions du coach, les débuts ont parfois été difficiles.

Contrairement à Osman, Zakaryie a pris l’initiative d’intégrer le club. Lui non plus n’est pas toujours certain de saisir les instructions du coach, mais lorsque cette situation se produit, il n’hésite pas à prendre exemple sur les autres joueurs - « I see how they do », nous dit-il en souriant.

Zakariye n’est pas le seul demandeur d’asile dans son équipe. Idrissa, un jeune homme de 19 ans, originaire de Guinée-Conakry, habite tout comme lui dans un centre d’accueil à Gand. Ses cours de néerlandais se donnent dans la matinée, néanmoins il lui est parfois difficile d’occuper ses après-midis, et c’est avec excitation et impatience qu’il attend chaque entrainement de football.

Osman a appris très rapidement le Néerlandais et est en troisième secondaire où il suit des cours d’aide-soignant. Il n’y a que deux garçons dans sa classe, ses camarades sont donc principalement des filles. Il s’est lié d’amitié avec de nombreux garçons de son équipe de foot, et se dit heureux d’aller à l’école. C’est avec admiration qu’il nous parle de son professeur, celui qui lui a appris le néerlandais, et offert la possibilité de comprendre enfin les indications de son coach.

Zakariye, qui rêve d’intégrer l’équipe de Chelsea et de devenir un bon joueur de football, a quant à lui encore quelques difficultés. Il se débrouille avec quelques mots de néerlandais par-ci, quelques mots d’anglais par-là, le tout agrémenté de langage des signes. Cette méthode s’avère néanmoins fructueuse, il s’est ainsi déjà fait quelques amis dans son équipe.

« Je veux devenir comme Lionel Messi, mais je dois y arriver par mes propres moyens »          Adel, originaire de Syrie, est, quant à lui, un habitué du club et en quelque sorte un exemple pour les nouveaux arrivants. Dans le Club depuis deux saisons, ce jeune garçon de 20 ans est arrivé depuis plus d’un an en Belgique avec son petit frère. Heureusement, les autres membres de sa famille ont pu entre-temps les rejoindre grâce au regroupement familial. Jusqu’à ses 16 ans, Adel jouait au football en Syrie et c’est avec fierté qu’il faisait partie de « l’équipe en tête » de la ville. Il était très excité lors de son premier entrainement en Belgique. Et pour cause, la guerre l’avait empêché de jouer au foot pendant trois ans. Adel s’est fait de nombreux amis belges grâce à ce sport et c’est tout sourire qu’il nous explique qu’il comprend enfin comment les Belges communiquent entre eux et interagissent. Adel se démontre tout aussi battant sur le terrain de foot que dans la vie de tous les jours. Il est conscient que seuls ses efforts et sa volonté lui permettront de concrétiser ses rêves. « Je veux devenir comme Lionel Messi, mais je dois y arriver par mes propres moyens », confie-t-il plein d’assurance. Adel, actuellement en année préparatoire à l’université, souhaiterait étudier les sciences économiques à partir de l’année prochaine mais son plus grand rêve serait de terminer ses études et que la guerre dans son pays s’achève.

* Onthaaldonderwijs voor anderstalige nieuwkomers (OKAN) se constitue de classes-passerelles qui accueillent un grand nombre d’élèves originaires de pays étrangers souvent sans bagage scolaire ni connaissance de la langue néerlandophone. Ce dispositif  apporte un soutien ciblé à ces élèves afin de leur assurer, comme aux autres jeunes, une chance d’émancipation par l’éducation.

© Sarah Dewinter en Coralie Verhoeven

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